Exposition André Kertész au Jeu de Paume

du Dialogues France-Europecentrale - le site de référence des cultures centre-européennes

du 28 septembre 2010 au 06 février 2011

"L'appareil photo est mon outil. Grâce à lui, je justifie tout ce qui m'entoure."

André Kertész (Budapest, 1894 - New York, 1985) n’a jamais vu son œuvre faire l’objet d’une véritable rétrospective en Europe, bien qu’il ait fait don de tous ses négatifs à l’État français.

                                                                                              Nageur sous l’eau, Esztergom, 1917

Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Paris

L'exposition du Jeu de Paume qui ouvre le jour même du 25e anniversaire de sa disparition, propose, pour la première fois, une vision extensive et équilibrée de l'oeuvre de Kertész.

Le photographe a séjourné a Paris entre 1925 et 1936. Il y a fréquenté de nombreux artistes et s’est fait le chroniqueur du quotidien, des monuments parisiens et du bouillonement artistique de l’époque. Il fut l’un des premiers à utiliser un appareil Leica, ce qui lui a donné une grande liberté .

Il est considéré comme l’un des photographes majeurs du XXe siècle tant du point de vue de la richesse de son œuvre que de la longévité de sa carrière.

Place de la Concorde, Paris, 1928

                                                                                                        Collection Robert Gurbo

Pour la première fois, une exposition monographique consacrée à André Kertész réunit un ensemble conséquent d’épreuves (300 photographies pour la plupart des originales ou réalisées du vivant de l'artiste) et de documents  d'époque, magazines, livres, qui permettent d’explorer les différentes époques de sa vie et de son parcours d’auteur de plus de soixante-dix ans.

L’exposition montre comment, dans l’œuvre de Kertész, s’élabore une poétique de la photographie, "un véritable langage photographique" selon ses propres termes. Le parcours d’images proposé met en valeur l’autonomie de chaque photographie, tout en le ponctuant par des séries ou des thèmes récurrents (comme par exemple les distorsions, les buildings new-yorkais, les cheminées ou la solitude). (Source : Jeu de Paume)

"Nous devons tous quelque chose à Kertész." (Henri Cartier-Bresson)

Après la mort de son père en 1909, Kertész a passé de nombreux étés chez son oncle  à la campagne, à Szigetbecse, séjours qui ont été, selon ses dires, déterminants pour lui grâce à la proximité de la nature et des habitants de cette région de la plaine. 

"Plus tard, lorsque je photographiais des paysages et des hommes, en France ou à New York, c'étaient toujours des paysages de Becse et ses habitants qui renaissaient sur chaque image." André Kertész

A la fin de sa vie, il a offert 120 tirages originaux signés au village ainsi que du mobilier et
un certain nombre d'objets personnels. Lire la suite en anglais...


Paysanne et oies, Tiszaszalka, 1924

Salgo Trust for Education, New York

C'est la proposition de Szigetbecse de construire une maison identique à celle que possédaient ses parents et d'y installer un musée consacré à son oeuvre qui est à l'origine de cette donation. Le musée a été inauguré en 1985. Lire la suite en hongrois... Le musée n'a pas de site web, hélas.

Le Musée André Kertész à Szigetbecse avec le vieil arbre et le puits à bascule

La Hongrie d'André Kertész (une dizaine de photos)

Commissaires : Michel Frizot et Annie-Laure Wanaverbecq

Exposition présentée dans le cadre du Mois de la Photo à Paris, novembre 2010, en partenariat avec : A Nous, Arte, Azart Photographie, Blast, Courrier International, de l’Air, evene.fr, Polka Magazine, La Tribune et France Info.

Jeu de Paume
1, place de la Concorde
75008 Paris
tél : 01 47 03 12 50
info@jeudepaume.org

Horaires
Mardi (nocturne) : 12h à 21h
Mercredi à vendredi : 12h à 19h
Samedi et dimanche : 10h à 19h

Fermé le lundi

Le catalogue de l'exposition est en vente dans notre librairie hongroise. Merci de nous soutenir en achetant vos livres sur notre site.

Le parcours d'André Kertész

Diplômé de l’Académie de commerce de Budapest, il occupe un emploi à la Bourse à partir de 1912. Il achète son premier appareil photographique (ICA avec plaques 4,5 x 6 cm) et commence à prendre des scènes de rue, il photographie ses amis, sa famille et la campagne hongroise. En 1914, il est recruté dans l’armée austro-hongroise, il est blessé en 1915. Il photographie en amateur la vie quotidienne des soldats. Une partie de ses négatifs est détruite durant le régime communiste de Béla Kun.

La Lecture, Esztergom, 1915
Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Paris

En 1916, il reçoit pour un autoportrait un prix décerné par le magazine Borsszem Janko. En 1917 une douzaine de ses photographies est reproduite en cartes postales. Il publie des photographies dans le magazine Érdekes Újság. 1918-1925: Il reprend son emploi à la Bourse du commerce et photographie sa famille, ses amis et la campagne hongroise.

Nature morte dans la chambre d'hôtel d'Endre Ady, Paris, vers 1918
Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Paris

Après la guerre, il s’installe en 1925 à Paris où il découvre le plaisir d’arpenter les rues, de flâner le long des quais de la Seine et d’errer dans les jardins publics. A Montparnasse, il retrouve des artistes hongrois (Brassaï, Sándor Márai, Tihanyi, csaky, Blattner...) et rencontre de nombreuses personnalités littéraires et artistiques (Mondrian, Eisenstein, Chagall, Calder, Zadkine, Tzara, Colette). En 1928, il est l’un des premiers photographes à utiliser le Leica. Chroniqueur du quotidien, il décrit avec profondeur les moments les plus anodins de la vie. Ses photographies sont fréquemment publiées dans la presse française (Vu, Art et Médecine) et allemande (Frankfurter Illustrierte, Uhu...). En 1933, il réalise la célèbre série des Distorsions. Au sommet de son art, il décide de partir pour New York en 1936, ayant signé un contrat avec l’agence Keystone.

Day of Paris, conçu par Alexey Brodovitch, est publié en 1945. Employé par les éditions Condé Nast à partir de 1949, André Kertész devient le collaborateur régulier de House and Garden. Au début des années 1950, il commence à utiliser la couleur. Pour son travail personnel, il photographie son quartier, quittant progressivement la rue pour photographier de la fenêtre de son appartement donnant sur Washington Square.

En 1963, ses négatifs de Hongrie et de France sont retrouvés dans une propriété du sud de la France. Son talent est désormais reconnu à travers le monde et les expositions se multiplient. De nombreuses publications lui sont consacrées : Soixante ans de photographie 1912-1972, J’aime Paris (1974), Distorsions (1976), Hungarian Memories (1982). Il séjourne de plus en plus souvent en France avant de décéder en 1985 à New York.

Classique parmi les classiques, maître pour nombre de ses pairs (Brassaï, Cartier-Bresson...), André Kertész est une figure majeure de l’histoire de la photographie. Synthèse d’une éthique et d’une esthétique, son œuvre recoupe ou précède différents courants d’avant-garde tout en restant profondément attachée aux valeurs humanistes.

- Donation à l’Etat français le 30 mars 1984.

- 100 000 négatifs, 15 000 diapositives en couleur, correspondance, divers documents.

- Hongrie 1912-25 (vie rurale, Budapest, armée austro-hongroise), Paris 1925-1936 et 1963-1984 (Montparnasse, quais de Seine, jardins, vie artistique, nus, scènes de rue...), France (Lyon, Corse, Savoie, Dunkerque, Bretagne, Arles, Normandie, Bourgogne, Lorraine, Touraine, Châteaux de la Loire), New York 1936-1985 (Washington Square, A ma fenêtre...), Japon...

"Kertész est un photographe de la commémoration, de ceux qu'il a aimés, de la lumière, et de cette modernité qu'il n'a cessé de convoiter et de précéder pour communiquer avec les générations nouvelles, lançant des photos presque vides quand les autres les faisaient combles, et décidant de voir le monde depuis sa fenêtre quand les autres le parcouraient." (Hervé Guibert)

L'écrivain François Bon sur André Kertész. Lire la suite...
Francia lap: André Kertész a XX. század legkreatívabb fotóművésze
Critiques :
rfi,
L'Express,
Le Monde,


Robert Doisneau et André Kertész en 1975 durant les Rencontres Internationales de la Photographie d'Arles